Temps d’écran : ce qui se passe vraiment dans le cerveau de nos enfants
- Mélanie Bilodeau

- 19 janv.
- 2 min de lecture
Chronique famille | 96,9 Rouge FM | 19 janvier 2026
On parle souvent de temps d’écran, mais beaucoup moins de ce qui se passe dans le cerveau et dans le corps des enfants quand ils y sont exposés… et surtout quand on leur retire l’écran.
La recherche est claire : les écrans activent les circuits de récompense du cerveau. Ils stimulent la sécrétion de dopamine, une hormone associée au plaisir, mais aussi à la dépendance. Plus le plaisir augmente, plus le cerveau en redemande. Ce mécanisme est le même chez les enfants, les adolescents et les adultes.
Dès 20 minutes d’exposition, surtout chez les plus jeunes, il se passe déjà quelque chose sur le plan neurophysiologique. Chez un enfant de 3 ans, une émission de 22 minutes peut déjà être considérée comme un temps prolongé.
Lorsque le temps d’écran se termine, le cerveau vit une chute brutale de dopamine. Cette chute crée un effet de manque, comparable à un sevrage. C’est ce qui explique les réactions fréquentes : agitation, irritabilité, colère, agressivité, crises, difficulté à se concentrer ou à passer à une autre tâche. Ce n’est pas un caprice, ni un manque de respect : c’est une réaction biologique.
C’est pourquoi retirer l’écran et demander immédiatement à l’enfant de faire ses devoirs ou de se concentrer est rarement efficace. Le cerveau a besoin d’une période tampon pour se rééquilibrer. Cette période peut durer de 10 à 20 minutes, pendant lesquelles l’enfant peut bouger, lire, ne rien faire, jouer dehors ou simplement se déposer.
Chez les plus jeunes, il est aussi préférable de fractionner le temps d’écran : deux périodes de 30 minutes plutôt qu’une heure complète, afin de réduire l’intensité de l’effet de manque.
Un autre levier important est l’attention conjointe. Parler à l’enfant pendant qu’il est devant l’écran, interagir avec lui, regarder un film en famille ou jouer à plusieurs réduit l’hyperfocalisation et limite l’activation excessive de la dopamine.
Enfin, certains moments sont à éviter, notamment le matin, où il n’y a pas assez de temps pour permettre une transition douce, et le soir, lorsque le cerveau doit déjà se préparer au repos.
Les réactions des enfants lorsqu’on retire les écrans ne sont pas dirigées contre les parents. Ce sont des symptômes de sevrage. Les accompagner avec patience, empathie et compréhension fait toute la différence.
🎧 Pour entendre l’intégralité de cette chronique et approfondir le sujet, je t’invite à écouter mon passage au 96,9 ROUGE.
Source: IHEART RADIO, 19 janvier 2026, repéré à https://www.iheart.com/podcast/962-la-gang-du-matin-au-saguen-73675265/episode/ma-plus-grande-fan-318085374/?position=2615&embed=true



